"Les invités de Marc" avec Marc Aymon
Samir Barris, Bertrand Bitz,
Nicolas Jules, K,
Fabian Tharin,
François Vé
Marc Aymon :
J'voudrais pas crever
(Texte de Boris Vian)
On l’avait laissé sur la lune ! Rien de moins… Spectacle effarant, vision envoûtante, sensation excitante d’un jeune franc-tireur laissant son empreinte sur une planète qu’on connaît par ici sous le nom de « scène francophone ». Il y a 3 ans donc, Marc Aymon, ex-membre d’un combo hyper actif (Mistral), a séduit celles et ceux qui ont eu le privilège d’entendre « l’Astronaute », premier manifeste aux finitions folk rock. Placé en orbite par cet opus pour lequel, on en prend le pari, pas mal d’auteurs réputés en manque de certitudes auraient donné une main ou même une oreille, cet orfèvre valaisan né en 1982 s’est imposé en pourvoyeur indispensable du soundtrack de nos existences. Grisé par des spectacles ou des concerts intimistes, on attendait la suite, entre anxiété et impatience.
Marc, en artisan que les gesticulations d’un certain milieu artistique laissent de marbre, a pris son temps avant de tenter l’épreuve redoutée du second disque. C’est à Paris, ville lumière, écrin sublime de tant et tant de voix indispensables, que le garçon a finalement décidé d’enregistrer ces nouvelles chansons consignées mois après mois sur son carnet intime. Dans la douce chaleur du Studio De L’Imprimerie, tandis que dehors le froid d’un hiver particulièrement mémorable engourdissait les êtres et pétrifiait arbres et monuments, Marc s’est laissé guider par la fièvre et ses envies.
Avec la complicité de Frédéric Jaillard, musicien et arrangeur parisien qui n’a pas son pareil pour capter les vibrations organiques incomparables du folk et du blues, Marc Aymon s’est livré comme jamais encore.
Le résultat de cette expérience s’intitule « Un amandier en Hiver ».Un disque qui, d’abord, dit le bonheur que l’équipe rassemblée autour de Marc a eu à jouer chaque note.
Dès le titre d’ouverture joliment boisé qui donne son titre à l’album, le chanteur séduit par la justesse et la chaleur de son timbre. « Adolescent », sorte de pont mélodique dressé pour relier le delta du Mississippi au bras de Seine, a tout, lui, de ces hymnes qui permettent à un artiste de mettre le feu aux planches tout en communiant de façon intime avec son public. La mise en musique de « Je voudrais pas crever », texte emblématique de Boris Vian, permet, elle, de dévoiler la vaste palette émotionnelle de Marc Aymon, chanteur à l’aise dans la douceur comme dans la fureur, mais incapable de niaiserie. On se laissera ensuite griser par le souffle chaud de l’électrique « Va vers ce que tu aimes » et par l’aisance gracieuse avec laquelle le maître de cérémonie manie la langue sur un titre tendre et décoiffant comme « Le ballon ».
Le reste, porté par des arrangements qui craquent et qui brûlent comme au temps béni du règne analogique, est l’un de ces disques folk rock francophones taillés avec une foi admirable dans ce bois qui fait les légendes. A Engelberg comme du côté de St-Saph’.