Vendredi 22 janvier 2010

LES INVITES DE MARC avec
MARC AYMON, SAMIR BARRIS, BERTRAND BITZ, NICOLAS JULES, K, FABIAN THARIN et FRANÇOIS VE



Marc Aymon a souhaité inviter des artistes qu’il aime. Il y aurait pu en avoir quelques autres en plus, mais il y a parfois des kilomètres, des agendas et de simples considérations pratiques qui ont vertu de raison.

Surtout n’imaginez pas un concert où chacun fait quelques chansons et s’en va !  Tous ces artistes seront sur scène, certains croiseront leurs chansons, les partageront, leurs guitares dialogueront, leurs voix seront comme un cœur qui bat, histoire de rappeler aussi que la chanson de la jeune génération est formidable de vie et de créativité dans toute la francophonie. Y compris la Suisse ! Cette Suisse qui a si souvent de la peine à faire confiance à ses artistes… Faiseurs de mots et de mélodies, sincères et fidèles à leurs engagements et à leurs idéaux, artistiques et humains.

Ce soir, il y aura de l’énergie, du plaisir, de la tendresse et de beaux regards. Parce que ces gens-là, voyez-vous, sont d’une nature où les yeux ne se perdent pas dans le vague mais viennent plonger en vous dans un  cœur à cœur magnifique. C’est peut-être cela l’émotion.

    Ce concert est enregistré par Option Musique

LES INVITÉS DE MARC, par Marc Aymon

Samir Barris
Je ne peux pas être objectif car je suis un grand fan de la Belgique. Et donc de Samir. Sa voix, sa manière de jouer de la guitare. Il peut commencer à jouer, je le reconnais ! Je l’imagine souvent reprendre des chansons françaises à sa manière, je pense que ce serait top. Et ça deviendrait du Samir Barris. La première et seule fois que je l’ai rencontré, c’est lors d’un concert à Venthône dans un petit château. Bien entendu j’ai été soufflé par sa chanson «  le Fossé » mais pas seulement. Je me souviens l’avoir entendu interpréter l’un de mes poèmes préférés de Boris Vian  « Je voudrais pas crever ». Il le faisait de manière plutôt calme, posée…. Ce soir là, après l’avoir entendue, dans ma petite chambre, j’ai pris ma guitare et j’en ai fait une version totalement différente, parce que son regard sur ce texte révélait chez moi l'envie de poser mon propre regard avec une urgence,  différemment. Pas mieux, pas moins bien, différente. Chaque chose résonne différemment chez chacun de nous.

Bertrand Bitz
Quand je l’ai vu en concert pour la première fois, il m’a fait penser à moi à l’époque de « Mistral » mon premier groupe. Je le voyais comme un idéaliste romantique avec un côté chanteur gentil à midinette… Erreur, en le rencontrant, je me suis rendu compte que c’est quelqu’un qui construit son propre univers. Je le vois comme quelqu’un qui a envie de tout « manger », tout découvrir. Il bosse beaucoup et sur scène il assure. Je suis sûr que sa gentillesse le sauvera toujours.

Nicolas Jules

Nous sommes partis au Québec ensemble. La première fois que je l’ai vu prendre sa guitare et chanter ses « tounes », j’ai vu des bêtes de musiciens québécois le regarder les yeux écarquillés en lui disant « c’t’écoeurant – magnifique- ! ». C’est un tout grand. Je le respecte infiniment, déjà parce qu’il doit bien faire 200 concerts par année mais également car c’est une personne attentionnée et un grand amoureux ! Il me fait rire, il a beaucoup d’anecdotes à raconter et je garde des souvenirs magnifiques de nos retrouvailles à Paris, nos virées… Nicolas Jules est une personne qui nous laisse oser être vraiment ce que nous sommes. Ça fait un bien fou.

K
Je l’ai rencontré quand on a fait les Francomanias de Bulle ensemble. Il aime rencontrer les gens, il est généreux, c’est le mec le plus positif que je connaisse. Il est tellement positif que tout ce qui se passe dans sa vie le devient. Il est positif sur tout, il dit « ça va être génial » et cela le devient… aussi facilement que ça.
On a fait beaucoup de concerts ensemble. C’est une école que de le voir sur scène. Lui dit « Je ne veux jouer qu’avec des gens avec qui je me sens bien », alors quand il parle avec des musiciens, il ne demande pas « comment tu joues ? » mais « dis-mois qui tu es ! »

Fabian Tharin
Il y'a 5-6 ans, Fabian a reçu un coup de téléphone d’un mec hyper timide qui lui disait « Bonjour Monsieur Fabian, j’ai écouté votre disque, je voulais juste vous dire que je trouve votre travail magnifique ! ». Ce jeune mec c’était moi. On en reparle depuis en plaisantant parce qu’il y a quelques temps c'est lui qui m’a dit la même chose et j’en étais tout fier ! Je le vois comme un chanteur rusé,  malin, le sourire en coin, avec ambiance bar-tabac et copains d'abord, excellent guitariste et pianiste. C’est une personne qui m’a vraiment mis un coup de pied aux fesses par rapport à mon dernier disque en me disant « Tu cherches ailleurs mais tout est déjà là ». C'est un généreux. C’est un ami.

François Vé
C’est celui que j’ai le plus côtoyé en 2009. On s’est retrouvés plusieurs fois à jouer ensemble mais aussi à se faire écouter de la musique. François est un artisan génial, un poète incroyable. C’est un orfèvre. Je l’admire pour ses textes ciselés. C’est quelqu’un qui vit caché et en une année est capable de sortr un livre (« En super huit »), d’écrire des chansons, faire des photos, un film. C’est un bricoleur. Il y a quelque chose de l’ordre de la fragilité géniale chez lui et aussi une forte capacité à accomplir ses projets. C’est quelqu’un de très courageux, qui avance, qui continue, qui ose aller au bout. »


* Les présentations de Bertrand Bitz, K et François Vé sont parues dans Le Nouvelliste du 17.12.2009