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LA VIDÉO


Jean-François Lessard - Tout se paie

L'ACTUALITÉ

9 mai 2013
Marc Aymon reçoit le Coup de coeur de l'Académie Charle Cros à Montauban



Marc Aymon avec Alain Fantapié, Président de l'Académie Charles Cros


L'AFFICHE



Osez la chanson !

C’est incroyable ce que la chanson est d’une formidable vitalité. Dans toute la Francophonie, les productions se multiplient, souvent de toute belle qualité.

Et pourtant, la planète chanson a des émois.  C’est qu’elle ne tourne pas vraiment comme elle voudrait, comme elle pourrait. Allez savoir pourquoi, cette compagne du quotidien est souvent boudée par les organisateurs, snobée par les médias, rejetée parfois même par celles et ceux qui en sont les artisans.

C’est vrai qu’ils sont étranges les chanteurs. Combien de fois entend-on certains d’entre eux dire qu’ils ne font pas de la chanson. Vous faites quoi ? Ils ne savent pas et ont pour toute réponse des noms et qualificatifs plus ou moins farfelus, pourvu que ça ne s’appelle pas chanson. Pourquoi ? Simplement pour échapper à l’idée d’une chanson que l’on voit trop souvent statufiée à l’époque rive gauche. Un cliché que certains intégristes veulent absolument conserver et qui finit par avoir l’odeur de naphtaline. A croire que la chanson est un art de musée. Allons donc ! Lorsque vous parlez voiture, vous ne pensez pas cocher ! Alors pourquoi imaginer que la chanson s’est échouée sur une rive.

Du coup, on met la diversité dans le catalogue musiques actuelles. Ah musiques actuelles… Un fous-y tout et n’importe quoi. Souvent n’importe quoi. Une nébuleuse sans consistance, sans identité. A peine énoncée, déjà dépassée.

Paradoxalement, ça rejette la chanson d’une époque, mais à peine une écriture est-elle en-dessus d’une certaine moyenne, aussitôt nous sert-on les références de Brel, Brassens, Ferré. Comme s’il n’y avait plus rien eu depuis !

En réalité, la chanson est un des arts les plus vivants qui soit. Il suffit pour s’en rendre compte de la considérer dans toute sa variété. Variété ! Voilà le mot lâché.  Un gros mot pour certains, voire une ignominie. Pourtant c’est un joli mot. Il traduit bien l’ouverture et la pluralité des styles.

Le problème est qu’aujourd’hui comme jamais,  la variété est gangrénée par les fabricants d’étoiles illusoires. Ces gens-là sont des voyous de l’opportunité moutonnière qui formatent la chanson dans une mode qui manque cruellement d’émotion et de sens, et que d’aucuns imaginent être une assurance de succès. Ridicule bien évidemment.  C’est là que les alouettes se cassent la voix contre le miroir.

Débarrasser la chanson de cette gangue est une question de salubrité élémentaire et permettra à tout un chacun de toucher à l’essentiel d’un art dont la nature première est d’apporter de la détente et un enrichissement utile à l’intelligence et à la sensibilité.

On le sait ici, il y a toute une chanson fabuleusement belle et vivace qui n’est pas médiatisée et pour laquelle l’information à un large public est difficile et même inexistante. On le comprend d’autant moins que nombreux sont les animateurs – et non des moindres – qui la connaissent et l’aiment. Cherchez l’erreur ! Il faut l’affirmer haut et fort : même relégués à la confidentialité, les créateurs et interprètes de cette chanson-là sont beaucoup plus nombreux qu’il n’y paraît, ils sont peut-être même les plus nombreux. Il est grand temps que certains décideurs s’en rendent compte.

Oser la chanson, c’est la libérer des carcans d’a priori, avec la conscience qu’aucun style n’a l’exclusivité de l’émotion et du divertissement, que chaque chanson, pour des raisons parfois intimes, peut faire partie, comme le dit Maxime Le Forestier, de la bande son de nos vies.

Chanteurs, auteurs, compositeurs, organisateurs, journalistes, animateurs et spectateurs, chacun à sa manière peut être acteur d’une chanson vivante. Pour ne pas la laisser devenir un art survivant, c’est (presque) simple… Osez la chanson !

Jacques S
jacques.s@lechantlaboureur.ch